Le costume

Publié 12/04/2013 10:14:00 - Patrimoine et culture

Le costume de l'Arlésienne.

Tant qu’auran lou riban
          lis Arlatenco saran li pus bello


                           Frédéric Mistral

Une mode arlésienne.


Ce fut sous le règne de Louis XV que les arlésiennes commencèrent à manifester leur originalité vestimentaire. Ainsi, jusqu’au tout début du  XXe  siècle, les femmes d’Arles grâce à leur habileté à jouer avec les tissus, les formes, les couleurs et les matières vont inventer un style vestimentaire original tout en s’inspirant de la mode parisienne. Le costume de l’arlésienne, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est le fruit de plus de 150 années d’évolution et de transformation au gré des modes en usage dans la capitale.



Antoine RASPAL :  l'Atelier de couture à Arles peint vers 1760. Musée Réattu d'Arles
Ce tableau représente des costumes que portent les couturières et les vêtements pendus au fond de leur atelier, fruit de leur travail. Fichus, robes, coiffes imprimés sont très bien détaillés et donnent une idée de la manière de se vêtir des femmes à Arles au milieu du XVIIIe siècle.


Un symbole de l’identité provençale.

En 1884, soit 30 ans après la création du félibrige, Frédéric Mistral publie un texte qui consacre le vêtement de type arlésien comme un fleuron de la culture provençale. En même temps, pour bien marquer le caractère régional et original du costume, il établit une liste précise des cantons dans lesquels il est ordinairement porté.

En 1903, soucieux de garantir la pérennité de l’habit d’arlésienne, Frédéric Mistral et Léo Lelée créèrent, à Arles, la Fèsto Vierginenco pour glorifier les jeunes filles qui portaient le costume d’arlésienne adulte pour la première fois. Si cette année là, seulement 18 jeunes filles se présentèrent, dès l’année suivante elles furent 350 à participer à la fête du costume qui s’installa au théâtre antique d’Arles.



Aujourd’hui, seul le village des Saintes Maries de la Mer organise la traditionnelle Fèsto Vierginenco, grâce au Marquis de Baroncelli qui en assura le succès et en fut l’organisateur jusqu’en 1939. Cette année, trois jeunes saintoises ont pris le ruban.

Les trois costumes.


Jadis d’usage quotidien, le costume de l’Arlésienne est devenu aujourd’hui un costume traditionnel porté uniquement à l’occasion des festivités. Bien qu’il soit figé dans son ultime forme depuis plus d’un siècle, le costume de l’Arlésienne, qui se décline en trois types distincts, peut présenter des particularités locales auxquelles chaque femme qui le revêt apporte une touche personnelle de manière à le rendre unique.

 Le costume  en cravate.


C’est la version la plus connue du costume de l’Arlésienne car elle fut popularisée par l’œuvre de Frédéric Mistral «Mirèio». La coiffe se compose d’un bonnet blanc et d’une cravate en tissu de coton ou de percale bordé de dentelle, noué en «cornettes» sur le devant de la tête. L’éso est confectionnée en tissu noir, de forme sobre, décolleté en arrondi sur la poitrine et très échancré dans le dos. La jupe est ronde ou en forme et peut être froncée à plis couchés ou plis canon. L’Arlésienne en cravate porte obligatoirement un tablier sur le devant de la jupe.

La chapelle se compose généralement d’un fichu en percale blanche brodée parfois imprimé de petits motifs. 

Le costume en ruban.


La coiffe se compose d’un dessus en  tulle ou mousseline brodée ou en dentelle et du ruban « lou velout » bleu marine ou bien d’une autre couleur. L’éso est de couleur noire ou taillé dans la même étoffe que la jupe dont la forme peut varier ; plate sur le devant avec des plis sur l’arrière, ronde à lès ou à panneaux avec traîne pour le costume de gala.

La chapelle est en mousseline ou en dentelle blanche ou écrue avec un fichu qui peut être du même tissu que la jupe, en tulle ou en mousseline brodés. Pour la tenue de gala, la pèlerine de dentelle noire remplace le fichu.

Le costume gansé

C'est le costume de grande cérémonie ou celui de la mariée. Il s'apparente au costume en ruban avec quelques variantes. La jupe en forme comprend une traîne. Les tissus sont toujours des tissus précieux comme la soie. L'eso  est obligatoirement assortie à la jupe et les manches sont ornées de dentelles. La chapelle est semblable à celle de l'Arlésienne en ruban mais le fichu de dessus est remplacé par une pèlerine. Dans le costume de la mariée porté avec les ganses, la pèlerine est de couleur claire.

Depuis 1930, la Reine d’Arles est intronisée en costume de gansé blanc.


    La cueillette des olives dans le costume de Mireille. (illustration Hommalk - ed. Gaby2)

bibliographie :

Michèle Gil : l’Arlésienne et la mode parisienne, ed Equinoxe
                 Histoire des REINES D’ARLES, ed Equinoxe
Le blog de Garibondy : http://garibondy.over-blog.com
www.laprovence.com



La Reine d’Arles.

Elue pour trois ans, la Reine d'Arles et les Demoiselles d’Honneur sont choisies après avoir fait preuve de leurs connaissances en histoire, littérature, architecture, arts, traditions et langue provençales.


La Reine devient alors l'ambassadrice des traditions du Pays d'Arles, présente au coté des personnalités locales dans toutes les manifestations culturelles et traditionnelles. Dans ces occasions, elle porte toujours  le costume d'Arlésienne.

 La première Reine fût élue en 1930 pour honorer le centenaire de la naissance de Fréderic Mistral. L'actuelle Reine d'Arles, Astrid Giraud élue en 2011, est la 21ème à porter ce titre. Comme les précédentes, elle remplira durant son mandat, accompagnée de ses demoiselles d'honneur, un rôle de gardienne de la culture, du costume et de la langue provençale.



Astrid GIRAUD (au centre) est la XXIème Reine d'Arles. Les Demoiselles d'Honneur de ce XXIème règne sont Julia BERIZZI, Laura CAVALLINI , Charlotte DEPLANCKE, Angélique MARIGNAN.
(Photo site officiel Ville d’Arles : www.ville-arles.fr)



Une saintoise à l’honneur.


Nous adressons toutes nos félicitations à  Laura Cavallini qui a été élue demoiselle d’honneur aux côtés de la Reine d’Arles pour les trois années à venir.



Laura CAVALLINI   (photo famille Cavallini)


Le costume d’Arlésienne au patrimoine mondial ?

L'association Tradicioun et le Conseil Régional PACA vont partir à l'assaut de l'UNESCO pour faire inscrire le costume d'Arlésienne au patrimoine immatériel mondial. Même si le costume d’Arlésienne n'est pas en danger de disparition, il représente un des symboles vivants d'une culture, d'un territoire et d'un savoir-faire transgénérationnel qu'il faut absolument protéger et valoriser.

Le projet vise à répondre aux questions de l’identification de cet élément, sa description, son apprentissage, sa transmission, l’intérêt patrimonial et sa mise en valeur, son mode de valorisation,  sa diffusion, ses modes de reconnaissance publique, sa documentation et ses mesures de sauvegarde. Pour atteindre leur objectif, les responsables de 
l'association  auront besoin de l’aide de tous les
passionnés de la région, de leur mobilisation et surtout, de leurs témoignages pour enrichir le dossier qu’exige le gouvernement français. D'ici un an, les élus locaux, notamment Michel Vauzelle (Président de la Région PACA), iront soutenir le projet devant les instances de l'UNESCO dans l'espoir que le costume d'Arlésienne soit inscrit au patrimoine immatériel mondial.

Les renseignements sur cet ambitieux projet se trouvent sur le site www.tradicioun.org

RENAISSANCE SAINTOISE soutient cette action et vous invite à signer la pétition sur le site :
www.lecostumedarles.fr/Soutenir



Les arlésiennes ont toujours inspiré les peintres.

L’Arlésienne, figure emblématique de la Provence depuis le XVIIe siècle, a toujours inspiré les peintres. Antoine Raspal, Vincent Van Gogh, Paul Gauguin, Adolphe Monticelli ou Pablo Picasso, entre autres, l’ont immortalisée, séduits par son allure, son élégance, sa coiffe,  la forme et les couleurs de son costume.












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