Le Seigneur des anneaux.

Publié 27/04/2011 17:19:00 - cadre de vie



Les projets municipaux font toujours de grosses manchettes dans "La Provence" avant de faire des ronds dans l'eau ... du port.



Bataille de chiffres.

A la Une de l’édition du 28 février 2009 du journal La Provence,  le directeur de la Semis annonçait fièrement le doublement de la capacité de Port Gardian d’ici 2010, c'est-à-dire hier. En janvier 2011, à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux, le maire des Saintes a remis ce projet à l’ordre du jour.

Une fois passé l’effet de surprise dû à l’imminence annoncée de l’achèvement des travaux qui, à ce jour, n’ont toujours pas débutés, nous avons cherché à savoir quelle était la taille précise de l’agrandissement envisagé de manière a en mesurer l’impact sur le trait de côte du port. Exercice délicat car si Roland Chassain, à l’occasion de la visite d’Alain Marleix (1) du 19 juillet 2008, annonçait une extension de 500 anneaux, le directeur de la Semis indiquait, quant-à lui, que Port Gardian allait passer de 370 à 600 anneaux soit un agrandissement de 230 anneaux. Enfin, pour clarifier les choses, le premier magistrat saintois déclarait dans "La Provence" du  4 mars 2009 que l’extension du Port serait finalement de 350 anneaux en précisant   toutefois : « pas avant 4 ou 5 ans ».

La plage aux bateaux.

Bref, cette cacophonie portuaire n’est pas faite pour nous éclairer et l’on peut légitimement se demander si les promoteurs de ce rocambolesque projet en ont bien évalué tous les risques. En effet, alors que les scientifiques émettent des doutes sur l’efficacité, à long terme, des ouvrages de protection en dur, ce projet accentuerait encore un peu plus l’artificialisation par enrochement du rivage saintois. Dans un tel contexte, est-il bien raisonnable de  charcuter la plage des arènes pour y creuser un dortoir à bateaux ? Pourtant la tempête de novembre 1982 est encore présente dans toutes les mémoires, ou presque. Et surtout, que l’on ne vienne pas nous sortir l’argument  du « deux en un » selon lequel la protection du village passe  par la construction d’un port dont la digue remplirait une double fonction en protégeant à la fois les bateaux et les habitations. Tant qu’on y est, pourquoi pas une marina ? 

Outre le danger de submersion marine, ce projet présente toutes les caractéristiques d’une véritable gabegie financière. En effet, le coût moyen de construction d’un anneau étant estimé à 50 K, ceci nous conduirait allègrement à un budget prévisionnel oscillant entre 13,5 et 25 millions d’euros selon que l’on se fie aux déclarations du directeur ou du président de la Semis. Du reste, n’est-il pas surprenant de constater, un an après la fin annoncée du chantier, qu’aucun plan de financement n’a encore été rendu public. Par ailleurs, s’agissant d’investissements lourds, Il serait intéressant de  connaître le retour sur investissement escompté.

Notre village aurait-il vocation a devenir un Saint-Tropez camarguais ? Enfin, est-ce bien raisonnable d’ajouter le risque financier au risque naturel, au bénéfice de quelques plaisanciers, quand les saintois s’interrogent encore sur la vulnérabilité potentielle des ouvrages de protection actuels. Espérons que les autorités publiques engloutiront ce projet insensé avant qu’une tempête ne s’en charge.



                            Enrochement du littoral saintois.

Tempête Xynthia, un an après.

Le 17 février 2011, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET a présenté les actions fortes de l’Etat en matière de prévention des inondations un an après la tempête Xynthia. Un des axes prioritaires concerne la maîtrise de l’urbanisation dans les zones à risque. A ce titre, notre village fait partie des 242 communes qui devront élaborer un plan de prévention des risques littoraux dans un délai de 3 ans. Par ailleurs, les directives gouvernementales stipulent qu’aucune construction de digue ne pourra être autorisée pour ouvrir de nouveaux secteurs à l’urbanisation.

(1) : Alain Marleix était secrétaire d'État à l'Intérieur et aux Collectivités territoriales.



                       Port Gardian


Qui va payer ?


La SEMIS est une société anonyme d’économie mixte locale dont l’actionnaire majoritaire est la commune des Saintes Maries de la Mer. Elle a été crée en 1983 pour prendre en charge la gestion de Port Gardian.Depuis, son périmètre d’activité s’est étendu et elle assure désormais la gestion et la commercialisation de nombreuses activités touristiques de la station. Elle exploite notamment les 2 campings municipaux (1200 et 420 emplacements), Port Gardian (370 anneaux), l’école de voile, le Palais des Congrès, les parkings et aires de camping-car, la visite de la terrasse de l’église, le musée Baroncelli et le mini golf.

Bon an, mal an, la SEMIS parvient difficilement à équilibrer ses comptes. Ainsi, depuis plusieurs années, le chiffre d’affaire net peine à couvrir les dépenses d’exploitation (2). Avec un capital social de 628 k et une  capacité d’autofinancement de l’ordre de 500 k, on voit mal comment cette société pourrait lever les fonds nécessaires pour financer le projet d’agrandissement du port dont le retour sur investissement est aléatoire et à long terme. Alors, qui va payer sinon les contribuables ?   

(2) : source www.verif.fr (dépot légal des comptes)




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