La Croix de Camargue

Publié 26/04/2011 17:19:00 - Patrimoine et culture

La Croix de Camargue près du Pont du Mort, face à l'étang des Launes.


En 1924, le Marquis Folco de Baroncelli demande à son ami Hermann Paul de dessiner, en hommage à sa chère Camargue, une croix symbolisant les vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité (Première Epître de saint Paul aux Corinthiens). Ce n’est qu’en 1926 que le projet prit véritablement forme. Selon l’anecdote, l’esquisse originale prévoyait des fleurs de lys en guise de terminaison des branches de la croix. Mais le maréchal-ferrant Gédéon Barbanson, qui forgea la toute première croix avec son fils Joseph dans son atelier de la Place de la Révolution, prit l’heureuse initiative de remplacer les fleurs de lys par des tridents pour lui donner une apparence plus camarguaise et moins monarchique. C’est probablement à cause de ces 3 tridents très évocateurs que la Croix de Camargue est parfois rebaptisée Croix Gardianne ou Croix des gardians.

 

Gédéon Barbanson avec son fils Joseh.

(Photo : collection privée de la famille Barbanson)


La Croix de Camargue possède une forte valeur symbolique. La foi est matérialisée par la croix aux 3 tridents, un cœur central représente la charité et l’espérance est figurée par une ancre, évoquant à la fois les pêcheurs et la barque des Saintes Maries. On retrouve également la référence biblique de l’ancre marine dans l’Epître aux Hébreux « le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée. Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide ».

 

La Croix fut inaugurée par le Comité des amis du Marquis de Baroncelli le 7 juillet 1926. Elle aurait été installée sur un terre-plein jouxtant la recette postale à l’endroit où se trouve aujourd’hui le bâtiment du « Grand Large ». De nombreuses personnalités appartenant au monde des lettres, des sciences, de l’art et de la bouvine assistèrent à cet évènement parmi lesquelles le poète Joseph d’Arbaud, Rul d’Elly, Maguy Hugo (petite fille de Victor), Madame de la Garanderie, Fonfonne Guillerme, la famille des éditeurs Aubanel et Hermann Paul (1).


En 1937, la Croix fut transférée à l’entrée ouest du village à proximité du Pont du Mort où elle fut entièrement restaurée à l’initiative d’Hermann Paul. Depuis, elle a été légèrement déplacée de l’autre côté du canal des Launes où elle trône encore dans un paysage emblématique du village des Saintes Maries de la mer. Malheureusement, la croix originelle ayant été dérobée à plusieurs reprises, celle que l’on peut voir aujourd’hui n’est qu’une réplique.


Carte postale du début des années 50.

(Editeur : S.I. Lyon)


 


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