Une digue improbable.

Publié 24/09/2009 23:16:00 - cadre de vie

Une digue "Maginot" pour une protection imaginaire.

Selon une information publiée dans le dernier bulletin municipal, « la Commune s’est trouvée dans l’obligation de reconstituer la digue de protection nord du village située entre Cacharel et la mer ».

 
Point n’est besoin d’une grande explication technique pour démontrer le caractère démagogique de l’assertion municipale tant l’inadéquation est flagrante entre la consistance des travaux réalisés et la nature des risques contre lesquels ils sont censés protéger le village. Il suffit, pour s’en convaincre, d’examiner la cartographie du système hydraulique composé par les étangs situés au nord du village et de mesurer l’impact réel des travaux réalisés par la commune sur la digue de protection qui va de la route de Cacharel à la mer.





Chacun pourra apprécier la pertinence des informations municipales invoquant la « reconstitution » de la digue alors que les travaux réalisés, sur seulement une centaine de mètres, n’ont en rien consolidé l’ouvrage de protection et ont même contribué à le fragiliser en détruisant toute la végétation qui consolidait le talus. Qui, hormis le Maire des Saintes, peut croire un seul instant que ces cent mètres de digue, telle une improbable digne "Maginot", pourraient protéger le village contre le déferlement des eaux des étangs du Malagroy, des Impériaux et du Vaccarès ?

Une opération de remblaiement sauvage

En réalité, le chantier visait à remblayer une importante zone jouxtant la route de Cacharel à l’entrée du village en utilisant principalement des gravats de voirie. En fait, la prétendue reconstitution de la digue n’est qu’un futile prétexte visant à masquer la réalité des choses.
 
Située au cœur du Parc Naturel Régional de Camargue, la zone remblayée borde l’étang de l’Impérial, lagune reconnue au plan international pour sa haute valeur patrimoniale. Par ailleurs, cette zone appartient à un ensemble de territoires inscrits au réseau des espaces naturels européens (Natura 2000) et se trouve protégée par deux directives européennes.
 
Pourtant, aucune demande d’autorisation ni de déclaration de remblaiement n’a été faite préalablement aux travaux comme l’exige la législation en vigueur. Aussi, la Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt (DDAF13) a constaté l’infraction et dressé un procès verbal. Corrélativement, la Préfecture de Région a mis en demeure le Maire des Saintes d’arrêter le chantier et de régulariser la situation, notamment en faisant procéder à une étude d’évaluation des incidences des travaux sur les habitats et sur les espèces d’intérêts communautaires. Comment pourrait-on réaliser sérieusement, à ce jour, une telle évaluation sur des habitats et des espèces ayant déjà fait l’objet d’une destruction lors des travaux.

Des dégâts irréversibles sur un environnement exceptionnel.

Le remblaiement « sauvage » des zones humides, qui plus est avec des matériaux non appropriés susceptibles de comporter des matières actives telles que le bitume, affecte gravement la biodiversité exceptionnelle en ce lieu. Ces modifications affectent également l’ensemble des fonctions remplies par les zones humides, en diminuant notamment la contribution de ces zones à la protection du milieu urbain contre les inondations. En effet, en comblant les baisses on ne fait que réduire les capacités naturelles de rétention d’eau lors des épisodes pluvieux intenses ce qui favorise, bien évidemment, le risque d’inondation, notamment quand le remblaiement est réalisé à proximité immédiate des zones urbanisées. Outre cet aspect important, il convient également de souligner le désastre que constitue ce type de travaux sur la qualité des paysages et du cadre de vie. 

Le bitumage des Launes a commencé.

Comme si cela ne suffisait pas, des gravats de voirie ont également été déversés sur les berges de l’étang des Launes, probablement pour protéger le village contre les eaux du Petit Rhône en cas d’inondation ! Là aussi la Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt est intervenue pour dresser un procès verbal de récidive contre la Mairie des Saintes. 

 
Trois associations portent plainte.

Soucieux de la préservation du patrimoine environnemental et paysager de notre commune mais également attentif à la gestion intelligente du risque d’inondation, nous avons décidé, en compagnie de deux autres associations : NACCICA (Nature et Citoyenneté en Crau Camargue et Alpilles) et l’UDVN (Union Départementale Vie et Nature) de déposer plainte auprès du Procureur de la République de Tarascon pour les faits décrits ci-dessus. 






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