Le corps electoral saintois

Publié 16/09/2013 17:37:00 - L'avis du citoyen

PROPOS LIMINAIRE.

Plusieurs organes de presse se sont fait l’écho de l’étude démographique réalisée par des bénévoles de notre association. Ces différents articles de presse évoquent également le dépôt d’une plainte contre X portant sur un soupçon de fraude électorale. Nous tenons ici à bien préciser que l’initiative de cette plainte incombe à un collectif citoyen qui agit de manière indépendante de l’association Renaissance Saintoise.

Pour notre part, nous nous bornerons à constater, preuves à l’appui, une situation anormale dont on ne peut pas affirmer, à ce stade de notre réflexion, qu’elle résulte de pratiques illégales. Aussi, face à une situation quelque peu extravagante, nous avons saisi le ministre de l’Intérieur et le Préfet des Bouches du Rhône afin qu’ils prennent rapidement les mesures légales indispensables pour vérifier la sincérité du corps électoral de notre commune. A cet effet, nous avons demandé aux autorités publiques de mettre en œuvre un protocole de contrôle de l’application stricte du code électoral portant sur l’ensemble des électeurs, déjà inscrits ou à inscrire, dont le domicile réel n’est pas situé sur le territoire de la commune.

Par souci d’efficacité, nous suggérons que ce contrôle soit effectué dans le cadre des prochains travaux de la commission administrative de révision des listes électorales dont il conviendra, bien évidemment, d’adapter l’organisation afin d’éviter tout risque de conflit d’intérêt.  


Télécharger le PDF de la requête adressée au Préfet des BdR.



REVUE DE PRESSE.



        



Nous n’allons pas commenter ici les arguments avancés par Roland Chassain dans ces différents articles tant ils sont démentis par notre étude démographique. Toutefois, nous noterons un certain aveuglement qui  pousse le maire des Saintes à voir notre commune au travers de ses électeurs et non de ses habitants. Ainsi, il nie farouchement la diminution de la population qui pourtant est un fait objectif incontestable. Selon les chiffres officiels de l’INSEE, entre 1999 et 2010 la population communale est passée de 2479 à 2293 soit une baisse de 7,4%. A titre de comparaison, sur la même période, la commune voisine du Grau du Roi a vu sa population passer de 5875 à 8178 habitants, soit une augmentation de 39,2%.  

Du reste, cette très inquiétante baisse de la population constitue le point de départ de notre étude démographique  car il est bien évident que le patrimoine le plus important de notre commune réside dans son patrimoine humain. Un village qui perd ses habitants est un village qui perd  son âme et qui obère gravement son avenir.  Plutôt que de nier l’évidence, Roland Chassain, et avec lui tous les saintois, devrait s’interroger sur les raisons profondes de ce triste déclin qui jette une ombre mortifère sur son bilan.


LE CORPS ELECTORAL SAINTOIS.


Selon les données de l’INSEE issues du recensement de 2009, la commune des Saintes Maries de la Mer voit sa population diminuer de manière constante depuis une quinzaine d’années. Pour autant, sur la même période, le nombre de personnes inscrites sur les listes électorales n’a cessé d’augmenter. Ainsi, en 2014, le ratio électeurs/habitants de notre commune atteint 115,5% alors qu’il n’est que de 73% au niveau national. Les autorités municipales invoquant principalement l’impact des résidences secondaires pour expliquer l’hypertrophie du corps électoral local, nous avons engagé une étude (1) visant à évaluer la pertinence de l’argument municipal au regard de la situation constatée sur un panel de communes de profil comparable à la nôtre. Par ailleurs, nous avons étudié la démographie électorale des Saintes sur une période suffisamment longue afin de vérifier le caractère permanent de cette situation et, le cas échéant, déterminer l’origine du phénomène.

Typologie des résidences :



Aux Saintes Maries de la Mer, la proportion des résidences secondaires est inférieure de 12% à la moyenne du PANEL des 8 communes de profil comparable. En conséquence, l’impact des résidences secondaires sur le volume du corps électoral saintois devrait être moindre que sur celui des communes du panel.

Typologie des électeurs :



Aux Saintes Maries de la Mer, le surplus d’électeurs susceptible d’être induit par les résidences secondaires est supérieur de 20% à celui du PANEL alors que la proportion des résidences secondaires est inférieure de 12%.


Impact théorique des résidences secondaires :



Aux Saintes Maries de la Mer, l’impact théorique des résidences secondaires sur le volume du corps électoral est plus de cinq fois supérieur à celui du PANEL des communes de profil comparable.

Situation des communes du panel par rapport à la moyenne de l’impact des résidences secondaires :



Comme on peut l’observer sur le graphe ci-dessus, la situation des différentes communes du panel par rapport à l’impact moyen des résidences secondaires se situe dans une amplitude qui va de -5,7% à +9,4%. Pour ce qui concerne le corps électoral de la commune des Saintes Maries de la Mer, le surplus d’électeurs, avec 29,8%, se situe à plus de 20 points au-dessus du pic de l’amplitude des surplus de l’ensemble des communes du panel.


Evolution des populations de 1964 à 2014 :



Si la population municipale est en baisse constante depuis 1999, la population électorale, quant à elle, n’a cessé de croitre. Ainsi, les courbes se sont croisées en 2001 pour former un écart qui progresse de manière constante. 


Evolution du ratio électeurs/habitants de 1964 à 2014 :



Après une baisse de 1995 à 1999,  le ratio électeurs/population communale n’a pratiquement pas cessé de progresser pour atteindre 115% en 2014. On notera la progression rapide qui a précédé l’élection municipale de 2001.



Evolution du taux des résidences principales de 1990 à 2009 :



Si la typologie des résidences est restée pratiquement constante, autour de 40% de résidences principales depuis 1990, en revanche, on observe une augmentation très importante du ratio électeurs/habitants à partir de 1999. A supposer qu’un tel phénomène puisse être naturel, il est clair qu’il ne peut, en aucun cas, être lié à une modification significative de la répartition des modes de résidences propres aux électeurs inscrits sur les listes.


En 1964, alors que le nombre d’habitants de notre commune était sensiblement égal à ce qu’il est aujourd’hui, le nombre d’électeurs était de 1289. En 2013, celui-ci culmine à 2689, soit une progression de 1400 inscrits pour une population de 2250 habitants. Le phénomène a débuté vers le milieu des années 1970, probablement sous l’effet de la construction de nombreuses résidences liée au développement touristique de la commune, pour se stabiliser au milieu des années 1990. Ce n’est qu’en 1998, après 3 années de baisse, que le phénomène prend des proportions exponentielles avec un croisement des courbes en 2001 et un écart qui n’a cessé de croître depuis.

Conclusion.

En première analyse, notre étude met en évidence un phénomène démographique paradoxal dont l’origine remonte à la fin des années 1990. Celui-ci se caractérise notamment par la concomitance d’une diminution significative de la population communale avec une augmentation importante de la population électorale. Ainsi, sur la période 1999 - 2014, pendant que la population légale baissait de 3,5%, le nombre d’électeurs inscrits sur les listes augmentait de 20 %. De fait, le ratio électeurs/population aux Saintes Maries de la Mer est passé de 90,8% en 1999 à 115,5% en 2014, soit 50 % au-dessus de la moyenne nationale.

Les principaux chiffres clés qui ressortent de cette étude sont les suivants :






En toute logique, il y a 2 paramètres locaux qui pourraient justifier un surplus d’électeurs par rapport au nombre d’habitants au regard de la moyenne nationale. Le premier concerne la pyramide des âges qui est plus élevée dans les stations du littoral méditerranéen. Ainsi, aux Saintes Maries de la Mer, la population âgée de 18 ans et plus est supérieure de 6% à la moyenne nationale. Le second paramètre concerne la proportion des résidences secondaires dont l’impact, estimé sur la base des valeurs constatées sur un panel de communes de profil comparable, est de 16,3% alors qu’il atteint 38,2 % aux Saintes Maries de la Mer.

Au vu de ces chiffres, nous estimons que l’hypothèse selon laquelle une telle distorsion démographique  pourrait résulter d’une simple évolution naturelle du corps électoral mérite d’être validée au moyen d’un audit exhaustif des listes électorales. A défaut d’explication rationnelle, cette situation est susceptible de remettre gravement en cause la confiance des citoyens au regard de la sincérité des scrutins locaux, même en cas d’écart important entre les différents protagonistes de l’élection. Pour mémoire, le recoupement des données électorales relatives à la dernière élection municipale de 2008 avec les données démographiques issues du recensement INSEE de 2009 (ramenées à 2008) laisse apparaître un  surplus potentiel d’électeurs estimé à 807 sur un total de 2708.

Dans un souci de transparence, gageons que les pouvoirs publics, qui ont été saisis par nos soins, ainsi que les autorités municipales saintoises, auront à cœur de démontrer que le processus de révision des listes électorales a toujours été, en tous points, irréprochable et que le corps électoral qui en résulte ne comporte aucune anomalie.

(1) : Méthodologie de l’étude.

Les données démographiques sont issues de l’INSEE (recensement de 2009) et les données électorales sont issues du Ministère de l’Intérieur et de documents locaux.

Pour l’INSEE, une résidence secondaire est définie comme étant un logement utilisé pour les week-ends, les loisirs ou les vacances. Les logements meublés loués (ou à louer) pour des séjours touristiques sont également classés en résidences secondaires. La distinction entre logements occasionnels et résidences secondaires est parfois difficile à établir, c'est pourquoi, les deux catégories sont souvent regroupées dans les données de l’INSEE.

1.    Définition d’un panel de communes balnéaires de moins de 10000 habitants, à forte vocation touristique, situées sur le pourtour méditerranéen et disposant d’une très importante densité de résidences secondaires.  

­    Le Grau du Roi (Gard)
­    La Grande Motte (Hérault)
­    Palavas les Flots (Hérault)
­    Collioure (Pyrénées orientales)
­    Gruissan (Aude)
­    Le Lavandou (Var)
­    Bandol (Var)
­    Cavalaire (Var)

2.    Détermination du nombre d’électeurs communaux potentiels : population communale légale âgée de 18 ans et plus diminuée des « non-inscrits résiduels » sur la base du ratio national.

3.    Détermination du nombre d’électeurs « en surplus » : nombre d’électeurs inscrits moins nombre d’électeurs communaux potentiels.

4.    Détermination du nombre moyen d’électeurs potentiels pour une résidence secondaire : nombre d’électeurs « en surplus » divisé par le nombre total de résidences secondaires pour l’ensemble des communes du panel.

5.    Calcul de l’impact moyen, en nombre d’électeurs, des résidences secondaires pour chacune des communes du panel.

6.    Evaluation de la population électorale « normale » pour la commune des Saintes Maries de la Mer sur la base de la moyenne du « surplus » d’électeurs « résidence secondaires » du panel.

7.    Détermination de l’écart entre la population électorale « normale » et la population électorale réelle de la commune des Saintes Maries de la Mer.


Télécharger le PDF du rapport de synthèse de l'étude.


 commentaires (4)


 Le serpent de mer

Publié 11/04/2013 17:37:00 - L'avis du citoyen

Quand le serpent de mer sortira de l'étang.

Un projet du siècle dernier.

Le 13 mars 1998,  le conseil municipal des Saintes Maries de la Mer approuve, par la délibération 98-46, la modification du plan d’occupation des sols  (POS). La modification en question porte sur un changement de définition du zonage concernant l’étang des Petites Launes, une partie de l’étang des Grande Launes et la bande de terrain dite « cabanes de gardian », située entre la mer et l’étang des Grandes Launes. L’objectif de cette modification du POS était de permettre la réalisation d’une aire de stationnement d’une capacité de 900 places.



 La justice annule le projet.

Le 22 mai 1998, l’association SAINTES ET CAMARGUE dépose une requête auprès du TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE MARSEILLE, enregistrée sous le numéro 98-3558, pour demander l’annulation de la délibération en date du 13 mars 1998 par laquelle le conseil municipal  des Saintes Maries de la Mer a approuvé la modification du plan d’occupation des sols.

Le 19 octobre 2000, le TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE MARSEILLE prononce l’annulation des délibérations du conseil municipal de la commune des Saintes Maries de la Mer du 10 juillet 1997 et du 13 mars 1998. Dans ses attendus, le tribunal invoque principalement des motifs d’ordre environnementaux eu égard au caractère sensible et particulièrement fragile du site ainsi qu’à sa valeur paysagère.

Relance du projet.


En juillet 2000, alors que le Tribunal Administratif n’a toujours pas rendu sa décision, la commune des Saintes Maries de la Mer présente le futur projet d’aire de stationnement des Launes dans sa revue municipale n° 15 . Ce projet fait apparaître la création de 666 emplacements supplémentaires pour le stationnement des voitures et 41 places pour le stationnement des cars. Ainsi, en portant la capacité de l’aire de stationnement à 1026 véhicules, la réalisation de ce projet aboutirait au triplement du parking existant.

Compte tenu des aménagements périphériques indispensables, on peut estimer que l’emprise au sol de la future infrastructure sera multipliée par 3 par rapport à l’infrastructure existante, comme le montre le plan publié dans la revue municipale. La superficie actuelle du parking étant approximativement de 1,5 ha, la future aire de stationnement devrait s’étendre, au moins, sur 4,5 ha dont 3 pris, non pas sur la berge, mais sur l’étang lui-même. Le projet repris dans le PLU est rigoureusement identique à celui de juillet 2000. Ainsi, la zone estampillée AUla (1), afférente à l’extension du parking  sur l’étang des Launes, épouse parfaitement le périmètre du plan de juillet 2000. 

(1) - Zone AUla : Il s’agit d’une zone à urbaniser destinée à des équipements collectifs liés à la vocation de loisirs. Celle-ci peut être urbanisée à l’occasion de la réalisation d’opérations d’aménagement ou de constructions compatibles avec un aménagement de la totalité de la zone. Ainsi, il n’est pas impossible que des bâtiments soient érigés avec les conséquences que l’on peut imaginer sur la qualité paysagère du site.




Embouteillage, bruit et pollution.

Au-delà des approximations relatives aux superficies et à la nature des zones concernées, le projet dit « d’extension du parking de centre ville » appelle, avant tout, un travail de réflexion sur l’impact négatif que pourrait avoir un tel ouvrage, notamment en aggravant les conditions de circulation des véhicules automobiles dans la commune. Même en  admettant que l’étang des Launes ait vocation à devenir le « centre ville » du village des Saintes, pourquoi vouloir attirer en ce lieu tous les automobilistes en quête d’une place de stationnement?

Pourtant, tous les urbanistes savent aujourd’hui que les parkings de centre ville agissent comme de véritables aspirateurs à voitures avec pour effet principal la création d’embouteillages et l’aggravation de la pollution atmosphérique et des nuisances sonores. Dans le cas d’espèce, le pire est d’autant plus probable que l’étang des Launes, qui se trouve totalement enclavé, n’est accessible que par les petites rues du vrai centre du village. 

Une méga structure permanente pour  répondre à un problème ponctuel.

Une autre question importante concerne la pertinence du projet au regard du problème posé. En effet, en dehors d’une quinzaine de jours dans l’année, le stationnement des voitures ne présente pas de difficulté insurmontable. D’autant plus que des mesures simples et peu coûteuses visant à optimiser le parking existant et à reconvertir la zone réservée aux camping cars à l’entrée nord du village pourraient notoirement améliorer l’ordinaire.

Pour le reste, il s’agit d’un problème de crête ponctuel dont la résolution, à l’instar de ce qui se fait partout ailleurs, passe par la création de zones temporaires de stationnement à la périphérie du village avec, le cas échéant, la mise en place d’un service de navettes permettant aux automobilistes de rejoindre facilement le centre du village.



Evolution du parking en aire de grand rassemblement.

Le 24 mai 2006, Madame Catherine Vautrin, en sa qualité de Ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité, s’engage à étudier le dossier de l’aire de grand rassemblement des Launes portant sur la création de 954 emplacements de caravanes. Dès lors, le parking des Launes change de vocation pour devenir une aire de grand rassemblement destinée à assurer, plus dignement, l’accueil des gens du voyage à l’occasion du pèlerinage de mai. Si l’intention est louable, l’emplacement choisi est-il adéquat dans la mesure où une telle infrastructure implique la réalisation d’équipements lourds et pérennes qui plus est dans un environnement naturel sensible et particulièrement fragile.

Si l’on se réfère à la description faite par la commune des Saintes Maries de la Mer, l’extension est censée couvrir une zone d’un hectare et demi pour une superficie totale de 3 hectares. Il serait intéressant de savoir sur quelles normes s’appuie la commune des Saintes pour prétendre pouvoir réaliser une infrastructure d’accueil pour 954 caravanes, représentant une population de l’ordre de 4 à 5000 personnes, plus les équipements et les voies de circulation , sur un espace aussi réduit. Pourtant, si l’on se réfère aux normes en vigueur, en retenant la fourchette basse, c’est  au moins dix hectares qui seraient nécessaires pour réaliser une aire de grand rassemblement d’une telle ampleur.




Pour la commission ad hoc du Parc, "le projet n’est pas défendable".

Le 17 janvier 2007, la commission « Architecture, Urbanisme et Paysages » du Parc Naturel Régional de Camargue s’est réunie pour examiner le projet de Plan Local d’Urbanisme de la commune des Saintes Maries de la Mer et juger de sa compatibilité avec la Charte. S’agissant du projet d’extension du parking des Launes, qui n’est manifestement pas présenté comme une future aire de grand rassemblement mais comme un parking de centre ville, la commission précise que l’emprise de l’extension projetée est située en zone d’interface du Plan du Parc qui reconnaît l’étang comme un milieu « d’une particulière diversité mais aussi d’une grande fragilité » (article 10.2 de la Charte de 1998).

En conséquence, la Présidente de la commission « considère que dans une logique de Parc Naturel Régional, le projet de parking sur l’étang des Launes n’est pas défendable même si elle comprend les justifications proposées ». Depuis, dans la nouvelle version de la charte du PNRC qui a été promulguée en février 2011, l’étang des Launes a reçu le statut de « zone humide majeure ». Autant dire que la transformation, fut-elle partielle, de ce site en parking serait totalement incompatible avec les engagements de la charte dont la commune des Saintes est signataire.

Stationnez, il n’y a plus rien à voir.
 
La construction, sur l’emprise même de l'étang des Launes, d’un parking de supermarché défigurera, à tout jamais, un des panoramas les plus identitaires des Saintes. Améliorer l'accueil, n'est ce pas d'abord prendre soin du premier regard que le visiteur porte sur le village et  préserver, avant tout, ce pourquoi il est venu : la beauté et l’authenticité du lieu. Sans oublier, pour autant, le regard des saintois.

La quadruple peine pour les saintois.


Comme si, en termes d’inconvénients engendrés par le méga parking des Launes, le désastre environnemental, l’atteinte irréparable à l’identité paysagère et l’aggravation prévisible des conditions de circulation dans le centre du village en période estivale ne suffisaient pas, il faut y ajouter la gabegie financière que représenterait ce projet pour les contribuables locaux. En effet, dans un entretien accordé au journal La Provence du 4 mars 2009, le maire des Saintes déclare fièrement que le parking sera gratuit pour les usagers alors que le budget prévisionnel (très optimiste) du projet s’élève  à 1,5 millions d’euros. Autant dire que ce sont encore les contribuables saintois qui vont payer !  

Morte saison.


Certes, on peut toujours se rassurer en constatant que les projets de la municipalité ne sont souvent que des serpents de mer qui font rarement surface, mais quand l’entêtement annihile toute raison, le pire reste toujours possible. Quand l’étendue de bitume aura recouvert l’étang, alors notre village, aujourd'hui encore si beau quand il redevient lui-même, prendra, comme tant d'autres stations, aux yeux des autochtones, le triste visage de la morte saison.






 



 commentaires (2)


 Le blockhaus des Saintes

Publié 11/04/2013 16:28:00 - L'avis du citoyen

On a cassé le thermomètre.



Construit en 1943 par l’armée allemande d’occupation, le blockhaus de la plage Ouest vient d’être définitivement gommé du paysage saintois. Ainsi, un des derniers vestiges d ‘une période douloureuse de l’histoire du village a été détruit pour raisons de sécurité et d’esthétique.

Certes, ce blockhaus n’était pas particulièrement décoratif mais, finalement, il paraissait bien minuscule au milieu de tous les épis qui protègent le littoral contre l’érosion marine. Quant à sa dangerosité potentielle, elle était bien plus réelle en 1943-44 pour la population qu’elle ne l’était hier pour les baigneurs. Il est bon de s’en souvenir.

Au-delà de la disparition d’un des derniers vestiges de l’occupation allemande, la destruction du blockhaus de la plage Ouest a effacé un point de repère qui permettait de mesurer, de visu,  l’importance de l’érosion marine. Il faut dire qu’à cet endroit là, le trait de côte a reculé de près 400 mètres en quelques décennies seulement. Alors, tel un oiseau de mauvais augure, l’intrus devait disparaître du paysage.

Pour autant, fallait-il dépenser 116000 euros  pour briser un « thermomètre » que la mer s’apprêtait à engloutir gratuitement comme elle l’a fait pour les autres casemates qui se trouvaient sur cette même plage ?



En 20 ans, la mer a englouti le blockhaus.



Sur cette photo IGN de 1965, le blockhaus se trouve au milieu de la plage.



Sur cette photo Google Maps de 2009, le blockhaus se trouve dans la mer.



Sur la photo ci-contre, qui date  des années 1950, prise depuis le Pont du Mort, on aperçoit très distinctement, entre les 2 cabanes, le blockhaus de la plage ouest derrière la dune.

Au premier plan, on voit la grande cabane du Pont du Mort qui a été construite en 1951. Tout à côté, la petite cabane est probablement en cours de construction comme en attestent les poteaux  posés sur le versant de la toiture qui soutiennent une barre  transversale en dessous de la chemise pour finaliser la pose de la couverture de sagne.

(carte postale édition MIREILLE - Marseille)



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 Chez Sylvette

Publié 28/07/2009 20:01:00 - L'avis du citoyen

Pour écouter les chansons de Bernard PORRAS allez sur  LE SITE DE LA PETITION

Dans le bulletin municipal de juillet 2009 le maire des Saintes a éprouvé le besoin de délivrer « sa vérité » en servant aux élus et aux saintois sa propre version de l’affaire de la cabane de gardian du Pont du Mort. Ainsi, en invoquant les récents articles de presse qui ont fait écho à cette affaire (en laissant une large place à l’expression du point de vue municipal), le premier magistrat saintois assène ses arguments sans accorder le moindre droit de réponse à la personne nommément incriminée, pour ne pas dire publiquement humiliée par un flot de propos incongrus susceptibles de jeter l’opprobre sur une administrée.

 

Cette « information », en forme de réquisitoire, a été proférée de manière unilatérale par le premier magistrat saintois dans l’exercice de ses fonctions, à l’occasion d’une séance du conseil municipal, et diffusée dans le « journal officiel » de la commune. Aussi, dans un souci d’objectivité, il nous a paru utile d’apporter ici quelques éléments complémentaires.

 

Tout d’abord il convient de préciser que face à la teneur des informations publiées par le maire, l’affaire vient d’être portée en justice. En conséquence, il appartient désormais au tribunal d’enquêter sur la réalité des faits et d’apprécier, au vu des preuves formelles que le maire devra produire, si les propos de ce dernier sont susceptibles de présenter un caractère calomnieux et diffamatoire à l’endroit de la personne visée. De fait, pour ne pas interférer avec l’action de la justice, nous nous bornerons à soulever un certain nombre de questions citoyennes au regard des allégations municipales.

 

Allégation du maire (en parlant de la cabane)  : « cet immeuble vétuste et insalubre ».

 

Questions : La cabane dispose de l’eau courante (froide et chaude), de l’électricité, du téléphone, de l’adsl haut débit, de toutes les commodités (wc, salle d’eau), en outre, elle est raccordée au tout à l’égout. Le maire connaît-il vraiment le sens du mot « insalubrité » ? Par ailleurs, afin que son affirmation ne soit pas gratuite, le maire est-il en mesure de  produire le document légal, issu d’une hypothétique enquête diligentée par la DDASS et confirmée par le Préfet, attestant formellement du caractère insalubre de l’habitation ?

 

S’agissant de la vétusté, jusqu’à preuve du contraire, c’est au propriétaire qu’incombe la prise en charge des travaux d’entretien et de rénovation du bâtiment qu’il loue. En outre, la loi sur l’insalubrité des logements protège le locataire et non le propriétaire qui perçoit des loyer pour un logement inhabitable. Dans ces conditions, pourquoi le maire fustige-t-il la locataire alors qu’il traite « à l’amiable » avec le propriétaire ? En tout état de cause, si l’insalubrité est juridiquement avérée, la loi fait obligation au propriétaire de reloger l’occupant en lui proposant un nouveau logement décent et correspondant è ses besoins et à ses possibilités.  Le maire est-il prêt à assumer toutes les conséquences légales et financières de ses affirmations ?

 

Enfin, comment ne pas être choqué par cette association de mots outrancière qui, en affublant cette magnifique cabane du nom « d’immeuble » et des qualificatifs de « vétuste, insalubre et illégale », sonne comme une véritable offense faite à nos anciens. Pour tous ceux qui vécurent si durement dans des cabanes inconfortables et qui ont façonné cette merveilleuse Camargue dont nous avons hérité, n’avons-nous pas le devoir de restaurer et de conserver ce patrimoine irremplaçable et si cher à notre mémoire collective ?

 

Allégation du maire (en parlant de la cabane) : « construite sans fondations »

 

Question : le maire d’une commune qui affiche fièrement son label de Capitale de la Camargue connaît-il, un tant soit peu, l’histoire de ces objets patrimoniaux et culturels que sont les cabanes de gardian, héritières par la volonté de Baroncelli des cabanes camarguaises, construites selon les règles de l’art par les artisans cabaniers de l’époque. Une cabane qui possède des fondations n’est plus une cabane, c’est une maison.

 

Allégation du maire (en parlant de la cabane) : « construite sur un terrain communal dans les années cinquante en toute illégalité et sans permis de construire » 

 

Questions :  Tout d’abord, en quoi la locataire  d’une habitation devrait-elle être tenue pour responsable du statut juridique d’un bien qui ne lui appartient pas ? Pourquoi s’en prendre aussi brutalement à la locataire et traiter ce point précis, de manière « amiable », avec le principal responsable, à savoir le propriétaire ?  Pourquoi avoir attendu près de soixante ans pour dénoncer une construction « illégale » ? N’y a-t-il pas prescription ? Le maire envisage-t-il de faire procéder à la démolition de toutes les constructions « illégales » situées sur le territoire de la commune ? 

 

Allégation du maire : « dès 1998, la commune a préservé les cabanes de gardian de l’avenue Riquette Aubanel en leur donnant un statut particulier dans le Plan d’Occupation des Sols »

 

Questions : Pour quelle raison la cabane du Pont du Mort ne bénéficierait-elle pas de ce statut particulier ? Pourquoi, à cette occasion, la situation administrative de cette cabane, qui est normalement cadastrée (parcelle 43) n’aurait-elle pas été régularisée comme d’autres ont pu l’être ? Le statut particulier de 1998, portant sur la préservation de l’ensemble des cabanes de gardian de l’avenue Riquette Aubanel, autorise-t-il la commune à procéder à la démolition de certaines d’entre elles en dehors d’une modification dudit statut ? Si le statut en question autorise la démolition des cabanes, en quoi le maire peut-il le présenter comme un gage de préservation des cabanes ? N’y a-t-il pas une contradiction, de la part du maire, à évoquer le statut protecteur de 1998 à l’occasion d’un projet de destruction d’une des cabanes les plus emblématiques du site pour créer, à la place, un « espace de mémoire » et un « un point d’information sur les cabanes de gardian » ?

 

Allégation du maire : « Le propriétaire, Monsieur G.,  qui avait accepté que la cession soit effectuée à l’amiable entre lui et la commune »

 

Questions : Pourquoi le maire a-il accepté de dépenser (à l’amiable) la bagatelle de 86500 euros (délibération du conseil municipal du 15 décembre 2005) d’argent public pour procéder à l’acquisition d’un bien dont il affirme, lui-même, par ailleurs  qu’il est : «  vétuste, insalubre, sans fondations, dépourvu d’assainissement, construit en toute illégalité et sans permis de construire sur un terrain appartenant à la commune » ?  A deux reprises, en 2005 et en 2009, le conseil municipal a décidé le lancement d’une procédure d’expropriation. Pourquoi avoir engagé une procédure d’expropriation alors que la commune est propriétaire du terrain, que le propriétaire était d’accord pour céder le bien  et que la construction est censée (selon le maire)  avoir été réalisée en toute illégalité. Généralement, ce type de situation ne se règle pas « à l’amiable » et aux frais du contribuable. Enfin, le maire peut-il produire les documents juridiques résultants du déroulé des différentes procédures d’expropriation ?

 

Allégation du maire : « Madame C. occupe indûment les lieux (la cabane) »

 

Questions : En quoi un contrat de droit privé (bail locatif) concerne-t-il le maire de la commune ? A quel titre et en vertu de quel droit le maire  peut-il diffuser des informations nominatives d’ordre strictement privé dans le bulletin municipal ? L’interrogation est d’autant plus pertinente que le bail dont il est question est parfaitement valide jusqu’en juillet 2010. Du reste, le maire l’a publiquement reconnu à l’occasion d’un article paru dans le journal « La Provence » du 9 mai 2009 en déclarant en substance : « la commune se laisse jusqu’en juillet 2010, date de la fin du bail de Madame C., pour concrétiser son projet ».

 

Par ailleurs, si le logement est effectivement insalubre, ce n’est pas son occupation qui est indue mais la perception du loyer.

 

Allégation du maire : « après avoir bénéficié de longues années d’un loyer extrêmement modéré »

 

Questions : A quel titre le maire d’une commune peut-il porter un jugement de valeur à propos du montant d’un loyer négocié entre deux particuliers ?  Peut-on qualifier « d’extrêmement modéré » le montant d’un loyer qui avoisine les 500 euros mensuels pour un bien immobilier dont le maire prétend qu’il est « vétuste, insalubre, illégal, et patati et patata » ?  Sylvette ne serait-elle pas en droit de réclamer le remboursement du montant des loyers qu’elle a versés depuis que le logement est réputé insalubre ainsi que le remboursement des impôts locaux qu’elle a dû acquitter durant toute cette période ?  

 

Allégation du maire : « Madame C. […] invoque désormais tous les moyens possibles en tentant de faire glisser le débat sur le terrain de la politique »

 

Questions : Sylvette n’exerçant aucune activité d’ordre « politique », que signifie cette allégation ? Le maire ne dérape-t-il pas en parlant de glissade, sauf à considérer qu’il serait le seul citoyen de la commune a pouvoir occuper le terrain de la politique ? Dans un Etat de droit, le fait qu’un citoyen ait recours au député de sa circonscription pour lui exposer un problème d’ordre privé peut-il justifier que sa démarche soit qualifiée publiquement de « glissade politique » par le premier magistrat de la commune ?

 

Allégation du maire : « Madame C. a utilisé les problèmes de santé de Monsieur G. pour se maintenir indûment dans les lieux »

 

Questions : Que signifie ce procès d’intention gratuit et particulièrement choquant ? Pourquoi Sylvette aurait-elle dû recourir à de telles méthodes dans la mesure où son bail, qui est régulièrement reconduit depuis plus de trente ans, se termine en juillet 2010 ? Et puis, pour qui connaît Sylvette et alors même qu’elle mène un difficile combat contre une grave maladie qui l’a conduite à subir récemment plusieurs opérations chirurgicales, comment imaginer un seul instant  qu’elle puisse utiliser la maladie d’un autre pour une vulgaire histoire de bail ? Comment le premier magistrat d’une commune peut-il pousser le cynisme et le mépris jusqu’à oser jeter en pâture à l’opinion publique des allégations aussi blessantes et gratuites ? 

 

Allégation du maire : « La commune […] va donc poursuivre son projet d’acquisition dans le respect des règles de droit »

 

Question : Pour le coup, il ne croyait pas si bien dire. Mieux vaut tard que jamais. Désormais c’est effectivement la justice qui devra dire si l’argutie municipale fustigeant publiquement une citoyenne au seul motif qu’elle s’efforce de faire valoir légitimement ses droits de locataire d’un bien privé, ne recèle pas une intention de dénigrement de la personne, nommément désignée, au regard de l’opinion publique.


 

Loin du caniveau municipal, là où l’étang des Launes bordé de ses cabanes affleure la Méditerranée pour donner au village marin son caractère typiquement camarguais, Sylvette vous invite à visiter la cabane du Pont du Mort qu’elle continue à faire vivre avec si peu de moyens mais tellement d’amour et de passion. En cliquant sur les vignettes vous pourrez entrer chez Sylvette pour y découvrir le décors d’aujourd’hui ô combien évocateur de l’art de vivre des cabaniers si cher aux camarguais et à tous ceux qui aiment ce sublime territoire et cette culture vivante.


Vous pourrez également admirer quelques unes des innombrables cartes postales qui, depuis le tout début des années 50, ont fait de la cabane du Pont du Mort une véritable star de la photo et de notre mémoire collective. Ce n’est pas un hasard si, durant des décennies, le regard averti des photographes a choisi cette cabane de gardian pour illustrer un des emblèmes les plus symboliques de la Camargue. Combien de touristes ont écrit un message d’enchantement au dos de ces cartes et combien d’autres gens ont rêvé de notre belle Camargue en les recevant.

 

A deux reprises, dans les années 70, la télévision a également choisi cette cabane pour accueillir l’émission « Midi Première ». Ainsi, Tino Rossi y a interprété son célèbre « chant du gardian », accompagné par le chœur des Petits Chanteurs à la Croix de Bois, puis, c’est Joe Dassin qui est venu y chanter dans un style plus « western ». Elle a également été filmée à maintes reprises pour des documentaires tel que celui réalisé par Sylviane Terrassi intitulé « Camargue, mon Pays" et distribué par le Musée Camarguais.

 

Ainsi, à sa manière, la cabane du Pont du Mort, a contribué à la prospérité de notre commune en véhiculant une merveilleuse image tant prisée de nos visiteurs.

 

Alors, cette cabane, si belle dans son décors, dans son histoire et par le symbole qu’elle représente, mais aussi par la noblesse du combat de Sylvette, ne mérite-t-elle pas mieux que de finir écrabouillée par le godet de la pelleteuse municipale ? 

 



   

   
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
 



Pour écouter les chansons de Bernard PORRAS allez sur  LE SITE DE LA PETITION


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 Les Saintes, terre d'élection

Publié 09/02/2009 00:29:00 - L'avis du citoyen

Les populations légales millésimées 2006 sont entrées en vigueur le 1er janvier 2009. A partir de 2008, la nouvelle méthode de recensement basée sur des enquêtes de recensement annuelles permet de calculer, chaque année, des populations légales actualisées. Ainsi, fin 2008 sont publiées les populations légales qui entrent en vigueur le 1er  janvier 2009. Ces populations légales sont millésimées 2006 car elles sont calculées à partir des informations collectées lors des enquêtes de recensement de 2004 à 2008 et ramenées à une même date : celle du milieu de la période. Pour notre commune, le dernier recensement a été effectué en 2008.


Le présent article s’attache à mesurer les grandes tendances démographiques des Saintes Maries de la Mer en matières de population légale et de corps électoral. A ce stade, il  s’agit d’un simple constat établi à partir des données officielles propres à notre commune. A titre d’exemple, les indicateurs locaux sont comparés avec les indicateurs équivalents relatifs à des communes de profil semblable, ainsi qu’avec les indicateurs des agrégats supérieurs (département, région, pays).


Les tendances statistiques (1) sont mesurées sur deux périodes dont les zones de recouvrement sont suffisantes pour établir des points de comparaison pertinents. Ainsi, les données relatives à l’évolution de la population légale correspondent aux résultats des recensements entrés en vigueur en 1999 et 2006, alors que les données relatives au corps électoral correspondent aux élections locales de 2001, 2008 et aux élections nationales de 2007. 





Alors que la population des Saintes Maries de la Mer n’a cessé de croître depuis 1982 , le dernier recensement indique une diminution de 5,53 % de la population communale par rapport à 1999. Cela est d’autant plus surprenant que la tendance aux niveaux national, régional (PACA) et départemental (BdR) est nettement à la hausse. Cette tendance est particulièrement spectaculaire pour les communes littorales à vocation touristique. A titre d’exemple,  les stations  du Grau du Roi et de la Grande Motte ont vu leur population légale croître respectivement de 34,33 % et 27,01 %.


Bien que ce constat appelle une analyse approfondie des facteurs structurels qui ont conduit notre commune à une décroissance démographique singulière, n’y a-t-il pas lieu de s’interroger, dès à présent, sur l’impact de la dégradation du cadre de vie au regard de l’attractivité du village tant pour ses habitants que pour ses visiteurs.





Si la population communale semble avoir entamé une cure d’amaigrissement, il n’en va pas de même pour le corps électoral local qui, pendant la même période, a pris un bien curieux embonpoint. Ainsi, pendant que la population légale baissait de plus de 5 %, le nombre d’électeurs inscrits augmentait de près de 9 %. Pourtant, le ratio électeurs/population était déjà très élevé aux Saintes Maries de la Mer où il atteignait 100 % en 2001 pour culminer à 115 % en 2008.  A titre de comparaison, le ratio national est de 70 % alors que dans des stations littorales, sensiblement comparables à la notre, il est respectivement de 91 et 93 % au Grau du Roi et à la Grande Motte. 





S’il n’est bien évidemment pas question, dans notre propos, de remettre en cause la sincérité des scrutins saintois, pour autant, ne serait-il pas utile, du point de vue du citoyen, d’analyser le fonctionnement de la commission ad hoc durant cette  période? La  protubérance du corps électoral résulterait-elle d’une surconsommation de charcuterie saintoise, serait-elle le fruit d’une pratique intensive du bodybuilding électoral, à moins, pourquoi pas, que cette étonnante mue corporelle ne relève tout simplement d’un phénomène naturel propre à la Camargue ? 





Mauvaise graisse ou excès de muscle, en tout cas l’efficience du corps électoral saintois est indéniable comme en atteste l’importance des taux de participation. Ainsi, aux Saintes, le ratio votants/population est de 98 % alors qu’il n’atteint que 69 % au Grau du Roi et 67 % à la Grande Motte. Ces derniers exemples montrent bien que la densité des résidences secondaires n’explique pas tout dans la mesure où les ratios saintois sont hors normes par rapport à des  communes de profil comparable. Par ailleurs, l’effet « papy boom » qui impacte les populations légales, notamment en transformant des résidences secondaires en résidences principales, devrait mécaniquement contribuer à réduire l’écart entre les populations légales et électorales.  





En première analyse, il semble ressortir de ce constat technique une incontestable performance municipale en matière d’attractivité électorale et l’amorce d’un déclin pour la population de notre commune.




(1)  Sources INSEE (www.insee.fr) pour les données relatives aux recensements de la population et Ministère de l’Intérieur (www.interieur.gouv.fr) pour les données relatives aux élections.




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 Renaissance Saintoise

Publié 12/10/2008 19:58:00 - L'avis du citoyen

Une association citoyenne.


Créée en dehors de tout circuit politique et autre cercle d’influence, Renaissance Saintoise est une association  de type loi 1901. Elle se veut un lieu de  réflexion, d’écoute et de vigilance citoyenne.  Le principal objectif de notre association est de contribuer à faire connaître, à promouvoir et à protéger les richesses patrimoniales, culturelles et environnementales du village des Saintes Maries de la Mer et de la Camargue.


Récusant d’emblée toute approche passéiste ou partisane, nous souhaitons agir, en tant qu’association, dans le processus d’élaboration et de suivi des projets de développement de notre village et du Delta. Nous serons tout particulièrement attentifs à la protection du cadre de vie  des  habitants. La Camargue est un territoire complexe et fragile dont la préservation et le développement appellent une vigilance constante au plus près du terrain.


Dans un esprit constructif, nous nous attacherons à évaluer les enjeux et les risques liés aux politiques et aux projets  mis en œuvre par les différentes autorités publiques chargées d’administrer et de gérer le territoire.

 

 

 

Protéger l'authenticité du village

 

Depuis de nombreuses années, l’image de marque et     l’identité culturelle de notre village se dégradent. La gestion chaotique des projets compromet le développement harmonieux et durable des saintes en négligeant les formidables atouts qu’offre ce magnifique territoire au profit d’une approche étroitement mercantile et à courte vue. L’abandon de la culture et des traditions au profit d’un folklore réducteur à vocation exclusivement touristique détériore le caractère authentique qui faisait des Saintes Maries de la Mer ce lieu unique où se conjuguent Provence, Camargue et Méditerranée.


Pourtant, l’authenticité est un gage d'attractivité pour une commune dont le tourisme constitue le moteur principal de l'économie locale. Pour autant, il ne faut pas oublier la qualité du cadre de vie offert aux saintois sans lesquels il n’y aurait plus de village. De ce point de vue, la baisse du nombre d’habitants de la commune au cours des dix dernières années nous semble  préoccupante, d’autant que la tendance est inverse sur tout le littoral méditerranéen. 

 

Valoriser la culture et le patrimoine

 

Deuxième commune de France par la superficie de son territoire, notre village revendique à juste titre le rang de capitale de la Camargue. Par son histoire et les personnalités qui l’ont marquée mais aussi par sa situation géographique, notre commune a longtemps rayonné sur l’ensemble d’un territoire dont elle constitue un des lieux les plus emblématiques. Malheureusement, notre village a perdu, au fil du temps, son influence et sa notoriété culturelle. C’est un peu comme si l’âme vive des Saintes Maries de la Mer s’éclipsait progressivement de son propre territoire en tournant le dos à son histoire, à sa culture et, au bout du compte, à son avenir.


La municipalité envisage toujours le retrait de la commune du Parc Naturel Régional de Camargue dont le renouvellement de la  Charte est en cours de validation. Même si le fonctionnement de cette institution publique est perfectible, le retrait de notre village, qui scellerait son isolement total, aurait des conséquences très négatives pour le développement économique, la protection et l’avenir des Saintes Maries de la Mer.   

 

Raviver la démocratie locale


Il n’est pas dans notre propos de contester, le moins du monde, la légitimité des édiles  même si notre village présente, entre autres singularités, celle de posséder davantage d’électeurs que d’habitants. Ainsi, pendant que la population communale baissait de 5,53%, selon le dernier recensement de l’INSEE, le nombre d’électeurs inscrits aux dernières élections municipales augmentait de près de 9% sur la même période. De fait, le ratio électeurs/habitants culminait à 115 % alors que la moyenne nationale est de l’ordre de 70%. Le déficit de démocratie locale qui caractérise la vie municipale est latent. Le processus d’élaboration des projets, en excluant le plus souvent toute procédure de concertation préalable, tend à placer les saintois devant le fait accompli en transformant la concertation citoyenne en monologue municipal.

 

Améliorer le cadre de vie

 

Les projets structurants et potentiellement néfastes pour notre commune ne manquent pas. Ainsi, l'extension  du port de 500 anneaux amputera une bonne partie de la plage des Arènes alors que cet endroit  constitue un des points les plus vulnérables du trait de côte sur le littoral camarguais.   Comment peut-on imaginer qu’un simple épi longitudinal pourrait résister aux plus violentes tempêtes telle que celle de 1982. 


Tout à côté, la construction d'un parking sur l’étang des Launes, où les flamants roses devront bientôt laisser la place aux voitures, défigurera à tout jamais le paysage le plus emblématique de notre village. Ajoutons, en vrac :  le futur PLU ( en gestation depuis huit ans) qui prévoit un certain nombre d'objectifs destructeurs pour l'environnement, l’abandon du littoral de la Plage Est aux camping-cars, le remblaiement sauvage de zones humides ou encore l’absence de plan de circulation pour éviter l’engorgement du village pendant la période estivale.

 

 

Dans ce contexte, notre association entend participer pleinement au débat citoyen et agir pour la protection et l’amélioration du cadre de vie des saintois.
 












 

 

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